Sardines : après l’alerte en Afrique du Sud, le Maroc renforce sa vigilance
La découverte d’un herpèsvirus chez des sardines victimes de mortalités inhabituelles en Afrique du Sud attire l’attention des professionnels marocains de la pêche. Si aucun cas n’a été signalé à ce jour dans les eaux marocaines, plusieurs acteurs du secteur appellent à renforcer la surveillance scientifique afin d’anticiper une éventuelle menace.
Depuis le début du mois d’août, des échouages inhabituels de sardines sont observés sur certaines portions du littoral sud-africain. Les analyses réalisées sur des poissons morts ont révélé la présence de matériel génétique du Pilchard herpesvirus (PHV). Les autorités n’établissent toutefois pas encore de lien définitif entre ce virus et l’ensemble des mortalités constatées.
Les premiers résultats ont néanmoins retenu l’attention des scientifiques. Sur les 15 premiers échantillons analysés parmi quelque 75 poissons prélevés, tous se sont révélés positifs. La séquence génétique identifiée présenterait par ailleurs une forte proximité avec une souche détectée en Australie.
Cette découverte rappelle les épisodes de mortalité massive enregistrés en Australie dans les années 1990, notamment en 1995 puis entre 1998 et 1999. Ces précédents justifient une vigilance accrue, mais ne permettent pas, à eux seuls, de prédire l’évolution de la situation en Afrique du Sud ni d'établir un quelconque risque immédiat pour les côtes marocaines.
L’inquiétude tient surtout au poids économique de la sardine dans le royaume. La ressource alimente une importante activité de pêche et de transformation, notamment autour de Safi, tout en faisant vivre de nombreux emplois directs et indirects et en contribuant aux exportations marocaines.
Face à cette situation, Hassan Saadouni, président d’une commission de la CGEM Marrakech-Safi consacrée au littoral et à l’économie bleue, plaide pour une surveillance plus étroite des ressources halieutiques. Il estime notamment nécessaire de renforcer les capacités des laboratoires, d'améliorer le suivi scientifique et de mettre en place des mécanismes permettant de signaler rapidement toute mortalité inhabituelle.
La microbiologiste Rosemary Dorrington préconise également une surveillance moléculaire plus systématique et des précautions sanitaires concernant d’éventuelles importations de sardines.
À ce stade, aucun élément ne permet cependant d’affirmer que le PHV circule dans les eaux marocaines. Les scientifiques cherchent encore à déterminer le comportement du virus, ses éventuelles conditions d’activation et ses mécanismes de transmission.
Aucune restriction commerciale ni mesure sanitaire exceptionnelle n’a donc été annoncée au Maroc.
L’enjeu est désormais de trouver le juste équilibre entre vigilance et prévention, sans alimenter une inquiétude qui ne serait pas étayée par des données scientifiques. Pour les professionnels, la priorité consiste surtout à disposer de moyens d’analyse suffisamment performants pour identifier rapidement toute anomalie et permettre aux autorités de réagir sur la base de faits établis.












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