Brice Oligui Nguema : Le Gabon inaugure une ère nouvelle
Samedi 3 mai 2025, près de Libreville, le stade d’Angondjé a rassemblé quelque 40 000 Gabonais venus assister à la prestation de serment de Brice Oligui Nguema. Jusqu’alors chef de la transition, le général de brigade — qui a mis un terme à plus de 55 ans de règne de la famille Bongo — devient officiellement président pour un mandat de sept ans, conformément à la nouvelle Constitution adoptée par référendum en novembre 2024.
Vêtu d’un costume sombre rehaussé d’une écharpe rouge, Brice Oligui a fait son entrée en début d’après-midi à l’arrière d’un véhicule à toit ouvert, saluant la foule debout. Plébiscité le 12 avril avec 94,85 % des voix, il a martelé :
« L’élection du Président de la République met fin au processus de transition et marque le retour à l’ordre constitutionnel. Nous célébrons aujourd’hui l’aurore d’un nouveau départ démocratique. »
Plusieurs chefs d’État africains avaient fait le déplacement dès vendredi soir, notamment Umaro Sissoco Embalo (Guinée-Bissau), Adama Barrow (Gambie), Bassirou Diomaye Faye (Sénégal), Faustin-Archange Touadéra (Centrafrique) et Teodoro Obiang Nguema Mbasogo (Guinée équatoriale). Le président congolais Félix Tshisekedi et le Rwandais Paul Kagame étaient également présents, un signe fort de soutien régional, tandis que le général Mamadi Doumbouya (Guinée) et Mahamat Déby I (Tchad) ont assisté à la cérémonie en tenues traditionnelles.
Une transition militaire qui s’achève
Dès mardi soir, le Comité pour la transition et la restauration des institutions (CTRI) a annoncé par communiqué vidéo sa dissolution et le « retour des militaires dans leurs casernes ». Le porte-parole Ulrich Manfoumbi a souligné que la passation de pouvoir scelle la fin de la présidence de transition et le rétablissement définitif de l’État civil.
Défis et priorités
Désormais à la tête d’un pays riche en pétrole, mais confronté à un réseau électrique défaillant, un chômage des jeunes près de 40 %, des routes souvent impraticables et une dette publique estimée à 80 % du PIB, Brice Oligui a un programme ambitieux.
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Élections législatives avant la fin de l’été, pour parachever le retour à l’ordre constitutionnel.
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Relance des infrastructures routières et énergétiques, à travers des chantiers initiés durant la transition.
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Lutte contre la corruption, avec la promesse de « mettre fin à l’impunité, au laxisme et à la paresse ».
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Suppression du poste de Premier ministre et création d’une vice-présidence, inscrites dans la nouvelle Constitution pour concentrer l’exécutif.
Dans son discours d’investiture, le président a évoqué « le chemin vers la félicité », invitant chaque Gabonais à « travail, discipline, effort et foi » pour « déplacer les montagnes ».
Avec cette marche vers un retour complet à l’ordre constitutionnel, ponctuée par l’organisation imminente des législatives, le Gabon ambitionne de devenir un « modèle type de transition réussie » en Afrique centrale. La page Bongo définitivement tournée, le pays entre dans une phase cruciale de consolidation démocratique et de développement partagé.













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