Bamako frappée par une attaque jihadiste près de l'aéroport
Le mardi 17 septembre 2024, la capitale malienne, Bamako, a été secouée par une attaque inédite, revendiquée par le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (GSIM), affilié à Al-Qaïda. Les combats, qui ont éclaté à l’aube, ont principalement visé l’aéroport militaire et un centre d'entraînement de la gendarmerie malienne, selon des communiqués jihadistes.
Des vidéos circulant sur les réseaux sociaux montrent des corps, alors que la junte au pouvoir, en place depuis 2020, n’a pas encore communiqué sur les pertes humaines et matérielles. Le GSIM a affirmé avoir détruit plusieurs avions militaires et causé d'importants dégâts. La situation est restée floue dans la journée, avec des récits contradictoires et des restrictions imposées à la circulation de l'information.
Le général Oumar Diarra, chef d'état-major des armées, a assuré sur la télévision d’État que les "terroristes ont été neutralisés", tout en appelant la population au calme. Des images ont montré une vingtaine de prisonniers capturés, les mains liées et les yeux bandés. Le général a mentionné une tentative d'infiltration "complexe" au sein de l'école de gendarmerie, sans toutefois confirmer une attaque contre l'aéroport.
Les échanges de tirs nourris ont continué jusqu’en début d’après-midi près du terminal civil de l’aéroport, qui reste partiellement inaccessible selon des témoins. Une fumée noire a été aperçue au lever du jour, et l’accès à l’aéroport a été restreint par le ministère des Transports pour "prévenir tout risque". Des établissements comme le lycée français Liberté sont restés fermés, et les employés de l'ONU ont été invités à limiter leurs déplacements.
Le Mali, en proie à une instabilité depuis 2012, avait jusqu'à présent préservé Bamako des attaques jihadistes, la dernière en date remontant à 2016. La junte au pouvoir, dirigée par le colonel Assimi Goïta, affirme avoir renversé la tendance face aux groupes armés, malgré des incidents tels que cette attaque audacieuse.
Le contexte de tension politique, marqué par des ruptures avec la France et les partenaires occidentaux, ainsi que l’alliance avec la Russie, complique davantage la situation sécuritaire. Malgré l’expulsion de la mission de l'ONU (Minusma) et le retrait de l’accord de paix signé avec les groupes indépendantistes, les autorités restent confrontées à des défis majeurs pour stabiliser le pays.
MT













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