Abidjan Border Forum 2026 : l’Afrique mise sur ses frontières pour renforcer l’intégration
Ouverte le 20 octobre à Abidjan, la troisième édition de l’Abidjan Border Forum place les populations au cœur de la gouvernance des frontières africaines. Jusqu’au 22 octobre, responsables politiques, experts et représentants des communautés réfléchissent aux moyens de faire des zones frontalières des espaces de paix, d’échanges et de développement partagé.
Les frontières africaines peuvent-elles devenir des leviers d’intégration plutôt que des lignes de séparation ? C’est l’un des enjeux de la troisième édition de l’Abidjan Border Forum (ABF), organisée du 20 au 22 octobre 2026 au Parc des Expositions d’Abidjan, à l’initiative du gouvernement ivoirien et de la Commission de l’Union africaine (UA).
Placée sous le thème « Les peuples aux frontières : culture, intégration et sécurité », cette rencontre vise à renforcer la coopération entre les États voisins et à mieux prendre en compte les réalités des populations vivant dans les zones frontalières.
À l’ouverture des travaux, le Premier ministre ivoirien, Robert Beugré Mambé, a insisté sur le rôle des communautés dans la gestion des frontières. Selon lui, ces territoires ne doivent pas être considérés uniquement comme des limites entre États, mais aussi comme des espaces de vie où se nouent des relations sociales, culturelles et économiques.
Le chef du gouvernement a souligné que les échanges entre populations peuvent contribuer à prévenir les tensions, à renforcer la confiance entre communautés et à consolider la paix.
Il a également appelé à faire des frontières des lieux favorables à la cohésion sociale et au développement commun, en tenant compte des liens historiques et des intérêts partagés par les habitants des régions limitrophes.
La conférence inaugurale a également permis au président de la Commission de l’Union africaine, Mahmoud Ali Youssouf, de préciser les enjeux liés à la gestion des frontières sur le continent.
Il a défendu une approche conciliant le respect de la souveraineté des États avec le renforcement de l’intégration régionale. Pour lui, une meilleure coopération doit faciliter les échanges culturels et commerciaux, sans négliger les impératifs de sécurité.
La modernisation des postes-frontières et l’amélioration de la coordination entre pays voisins figurent parmi les pistes évoquées. Ces mesures doivent contribuer à fluidifier le passage des personnes et des marchandises, tout en renforçant la lutte contre les trafics illicites et la criminalité transfrontalière.
Mahmoud Ali Youssouf a par ailleurs rappelé le principe du respect des frontières héritées de l’accession des pays africains à l’indépendance, consacré par l’Organisation de l’unité africaine en 1964.
Pendant trois jours, responsables publics, spécialistes de la gestion frontalière, chercheurs, représentants des communautés et partenaires au développement échangent sur les moyens de renforcer les relations entre les populations vivant de part et d’autre des frontières.
Les discussions portent notamment sur la valorisation des cultures communes, l’amélioration de la coopération entre États et l’élaboration de réponses adaptées aux besoins des territoires concernés.
Le forum s’inscrit dans le prolongement de la Convention de Niamey de 2014 sur la coopération transfrontalière et de la Stratégie de l’Union africaine pour une gouvernance intégrée des frontières, adoptée en 2020.
À travers cette rencontre, les participants entendent contribuer à une gestion des frontières qui associe sécurité, mobilité, échanges économiques et solidarité entre les peuples. Un enjeu important pour la construction d’une Afrique plus intégrée, pacifique et prospère.
MT












Comments (0)
Leave a comment