Une internaute arrêtée après avoir accusé l’Église catholique de cacher Guillaume Soro

by dunuya / Sep 02, 2025 / 0 comments

La Plateforme de Lutte Contre la Cybercriminalité (PLCC) a annoncé l’interpellation d’une internaute identifiée sous les initiales T.M., déférée devant le parquet pour diffamation, atteinte à l’image et incitation au trouble à l’ordre public.

Dans plusieurs vidéos diffusées sur les réseaux sociaux, l’intéressée affirmait que l’Église catholique cachait Guillaume Soro, l’ancien président de l’Assemblée nationale en exil. Elle accusait également Jean-Marc Yacé, maire de Cocody, d’être impliqué dans des « activités criminelles » visant à « déstabiliser le pouvoir en place ».

Saisi par Jean-Marc Yacé, la PLCC a ouvert une enquête qui a rapidement permis de remonter jusqu’à T.M. Lors de son audition, elle a reconnu être l’auteure des vidéos mais a admis ne disposer d’aucune preuve pour étayer ses propos, invoquant un supposé « don de voyance ».

Selon l’Agence Nationale de la Sécurité des Systèmes d’Information (ANSSI), ces vidéos, largement relayées en ligne, portaient atteinte à la réputation des personnalités citées et risquaient d’alimenter la défiance au sein de la société ivoirienne.

Au terme de la procédure, T.M. a été poursuivie sur la base des articles 60, 61 et 62 de la loi n°2013-451 du 19 juin 2013 relative à la lutte contre la cybercriminalité.
Ces dispositions sanctionnent la diffusion en ligne de contenus diffamatoires et de fausses informations susceptibles de troubler l’ordre public.

« Sur les réseaux sociaux, lancer des accusations sans fondement est devenu une tendance. En dépit des nombreuses campagnes de sensibilisation menées par l’ANSSI, et des sanctions juridiques prévues, certains persistent dans cette pratique ; se confortant dans la liberté qu’offre internet », regrette l’agence dans un communiqué.

Cette affaire intervient dans un contexte déjà tendu, marqué par la controverse autour de la candidature de Guillaume Soro à la présidentielle d’octobre 2025. Condamné à 20 ans de prison et radié des listes électorales, l’ex-chef du Parlement demeure au cœur d’un bras de fer politique et judiciaire.

L’implication de l’Église catholique et d’un élu local de premier plan dans des accusations sans preuve ajoute une dimension explosive, soulignant les risques de dérapages liés aux rumeurs en ligne en période électorale.

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