Pêche artisanale / Michel Ségui, Président de la FENASCOPECI sans détour
«Il y a des mains obscures qui entachent l’activité de la pêche artisanale»
Le président de la FENASCOPECI (Fédération Nationale des Sociétés de Coopératives de Pêches de Côte d’Ivoire), Michel Ségui est sur le gril. Il dénonce la mainmise de certains individus sur la filière pêche. Entretien.
Quelle est l’actualité de la pêche artisanale en ce moment dans notre pays?
Nous sommes au creux de la vague. Vous savez dans la pêche il y a des marrées fortes et houleuses et il y a aussi de bonnes marrées ou on peut pêcher. Aujourd’hui, non seulement du côté des lagunes, elles sont boueuses, c’est-à-dire qu’on ne peut pas avoir du poisson et en plus en mer, les vagues sont très houleuses.
Peut-on donc dire que l’activité de la pêche artisanale est en berne aujourd’hui?
On peut le dire ainsi car l’activité de la pêche artisanale est agitée par des méconnaissances professionnelles soutenues par l’autorité et des mains obscures. Selon les informations que j’ai, notre ministre de tutelle ne serait pas informé. Il y a des mains obscures qui entachent l’activité de la pêche artisanale. Fort heureusement, de valeureux pêcheurs Ivoiriens ont pris conscience que la pêche est un métier. Alors, ils commencent à s’organiser de partout. Allez-vous dissoudre toutes ces unions? Nous voulons qu’il y ait un peu plus de transparence dans notre secteur. C’est pourquoi, nous attirons l’attention des autorités Ivoiriennes dans la mesure où nous sommes dans un pays de droit. Nous voulons aller à l’émergence et cela ne peut se faire sans les pêcheurs artisanaux.
Que se passe-t-il exactement au sein de votre filière?
A la vérité, on me demande de dissoudre ma fédération au profit d’une autre fédération qui est sortie de la mienne. Je dissous la fédération mère, la toute première fédération de Côte d’Ivoire qui avait en son sein, des gens qui sont partis d’eux-mêmes, au motif qu’ils ne partagent plus nos visions alors qu’à la vérité, ceux-là, ne sont pas des professionnels. On voudrait maintenant que nous allions suivre ceux qui ne sont pas professionnels. C’est grave! L’heure est grave. Notre fédération qui a été immatriculée par la loi OHADA introduite en bonne et due forme doit être dissoute pour rejoindre une autre fédération.
Lorsque vous dites qu’on vous demande, de qui parlez-vous?
Nous avons reçu un courrier du ministère, signé des mains du ministre. J’ose croire que le cachet du ministre a été utilisé indépendamment de sa volonté. La loi OHADA dit que deux coopératives peuvent créer une union, deux unions, une fédération, deux fédérations peuvent faire une confédération et deux confédérations peuvent faire un réseau. Je ne vois aucun mal à cela. C’est pour cela que le Président de la République a pris une ordonnance pour instituer l’interprofession. Dans l’interprofession, il y a plusieurs collèges. Chacun y a sa place.
Effectivement, où en êtes-vous avec l’interprofession?
Au vu de tout ce qui se passe au sein de la filière, tout est en berne. Le Firca qui devait financer la pêche à dû mettre fin à ce projet. Nous leur tendons encore la main. Nous pensons que nous payons nos taxes, nous pensons que nous sommes un secteur pourvoyeurs d’emplois et nous voulons travailler dans les règles de l’art. Il n’est pas dit qu’une seule personne doit être forcément leader, il faut savoir passer la main à tout moment, mais dans le bon sens. Si demain mon mandat est fini, je peux partir à l’issue d’une Assemblée Générale. Mais tant que cela n’est pas fait, je ne peux pas partir.
Quelles propositions faites-vous pour le retour au calme dans la filière?
Il y a plusieurs spécialités dans la pêche. Comme il y a plusieurs activités également dans ce secteur. Que chacun vienne à la pêche, selon son domaine spécifique d’activité. Chacun peut être dans sa coopérative, chacun peut être dans son union, chacun peut être dans sa fédération et ensemble, nous irons à l’émergence. Je souhaite que le droit soit dit pour qu’il y ait la paix, l’entente et la cohésion au sein de notre filière.
Aymar DEDI













Comments (0)
Leave a comment