Adjoumani : "Le cas Tidjane Thiam n’est pas une affaire politique"
La tension politique monte à Abidjan depuis l’annonce, le mardi 22 avril 2025, de la radiation de Cheick Tidjane Thiam, président du Parti Démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI-RDA), de la liste électorale provisoire. Alors que l’opposition crie à l’acharnement politique, le Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix (RHDP), parti au pouvoir, est sorti de son mutisme pour dénoncer ce qu’il qualifie de "manipulation" orchestrée par M. Thiam lui-même.
Face à la presse ce jeudi 24 avril 2025, au siège du parti présidentiel à Cocody, le porte-parole du RHDP, Kobenan Kouassi Adjoumani, n’a pas mâché ses mots. Selon lui, « le cas Tidjane Thiam n’est pas une affaire politique, il est lui-même auteur et victime de ses propres turpitudes ».
Le ministre a tenu à lever toute ambiguïté : « D’où vient-il qu’on accuse le RHDP d’être à l’origine des déboires judiciaires de M. Thiam ? Ces affaires sont internes au PDCI-RDA et ne concernent ni le RHDP, ni son président », a-t-il affirmé.
La justice ivoirienne a prononcé la radiation de Tidjane Thiam de la liste électorale, arguant qu’il avait perdu sa nationalité ivoirienne au moment de son inscription, une disposition incompatible avec le code électoral en vigueur. Une décision que le président du PDCI a qualifiée "d’injuste, infondée et incompréhensible".
Depuis, l’opposition et les soutiens de Thiam dénoncent un "coup politique" pour écarter un sérieux adversaire du scrutin présidentiel de 2025. Des accusations que le RHDP balaie d’un revers de main.
Adjoumani va plus loin en dénonçant ce qu’il estime être une stratégie de victimisation de M. Thiam : « Le vrai manipulateur de conscience, c’est bien lui. C’est le loup qui veut se faire passer pour l’agneau », a-t-il fustigé, avant d’ajouter non sans ironie : « Pourquoi le PDCI-RDA et ses alliés de l’opposition cherchent-ils des poux sur un crâne nu ? »
Le parti présidentiel appelle néanmoins à la responsabilité. « L’on ne peut pas demander au chef de l’État de ne pas interférer dans les affaires judiciaires les jours pairs et les jours impairs, l’enjoindre de prendre des mesures exceptionnelles pour sauver de la noyade des potentiels candidats en conflit avec la loi », a martelé le porte-parole du RHDP.
Et de conclure : « L’État de droit que nous voulons bâtir commence par le respect de la légalité. Le temps des compromis et des petits arrangements politiques est révolu. »
Alors que la présidentielle d’octobre 2025 approche à grands pas, cette affaire ravive les tensions dans un climat politique déjà fragile. Le PDCI-RDA et ses alliés, qui avaient fait de Tidjane Thiam leur porte-étendard, pourraient devoir revoir leur stratégie.
Le RHDP, de son côté, semble déterminé à maintenir la ligne dure, en invoquant le respect strict des textes de loi. Reste à savoir si cette posture tiendra face aux pressions internes et aux critiques de la communauté internationale, souvent attentive au processus électoral ivoirien.













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