Abidjan : malgré l’ultimatum du gouvernement, les ordures continuent de s’accumuler dans plusieurs communes

by dunuya / Jun 12, 2026 / 0 comments

Plus d’une semaine après l’expiration du délai de 72 heures accordé aux opérateurs de collecte des déchets ménagers par le ministre de l’Hydraulique, de l’Assainissement et de la Salubrité, Dr Amédé Koffi Kouakou, la situation demeure préoccupante dans plusieurs communes du district autonome d’Abidjan. Si certaines zones enregistrent une amélioration notable, de nombreux quartiers restent confrontés à une accumulation persistante d’ordures ménagères.

À Yopougon, plusieurs opérations d’enlèvement ont été observées ces derniers jours, offrant un début de soulagement aux populations. Toutefois, le constat reste plus mitigé dans d’autres communes où les déchets continuent de s’amonceler malgré les injonctions des autorités.

À Port-Bouët, les habitants font toujours face à d’importants dépôts d’ordures. À Gonzagueville, notamment au carrefour Caroligne sur la rue Terre Rouge, des amas de déchets obstruent partiellement la voie publique. La même situation est observée au marché de nuit de Port-Bouët, à la Maison Blanche ainsi qu’à Vridi-Cité, où les riverains affirment ne constater aucune amélioration significative depuis l’expiration de l’ultimatum ministériel.

Dans la commune d’Attécoubé, plusieurs secteurs ont été assainis. Les opérations de nettoyage ont permis de débarrasser les quartiers du 10e arrondissement, Tchapalodrome, Rue Béton, Quartier Espoir, Marché de Mangue, SBTA, Biegoussi, Hôtel des Jeunes, Pharmacie Fatima et Pharmacie Rehoboth de leurs déchets. Une avancée saluée par les populations, même si certains quartiers attendent encore le passage des équipes de collecte.

À Koumassi, les opérations ont également permis l’assainissement du quartier Divo, du marché Bacongo et du terrain Inch’Allah. Cependant, au niveau du carrefour Zoé Bruno, les bacs à ordures débordent toujours et empiètent sur la chaussée.

À Marcory, plusieurs secteurs ont retrouvé un visage plus propre, notamment le Boulevard Lorraine, à hauteur de l’Hôtel Hamanieh. En revanche, des poches de résistance subsistent à Anoumabo, le long de la clôture de l’ARTCI, où d’importants monticules de déchets restent visibles.

La situation apparaît particulièrement critique à Treichville. Au marché de Belleville, entre le pont menant au Carrefour Solibra et les environs immédiats du marché, les ordures continuent de s’accumuler, dégageant des odeurs nauséabondes qui incommodent commerçants, riverains et usagers.

Sur le terrain, l’absence d’amélioration visible dans plusieurs quartiers suscite l’incompréhension des populations. De nombreux habitants estiment que l’ultimatum lancé par le gouvernement n’a pas produit les effets escomptés. Même lorsque certains bacs sont vidés, ils se remplissent rapidement à nouveau, faute d’un rythme de collecte suffisant.

Par ailleurs, plusieurs petits collecteurs de quartier dénoncent des restrictions qui les empêchent désormais de déverser les déchets dans les points de regroupement habituels, compliquant davantage la gestion quotidienne des ordures.

Face à cette situation, les interrogations se multiplient quant aux sanctions qui pourraient être prises contre les opérateurs ne respectant pas leurs obligations. Le ministre Amédé Koffi Kouakou a d’ailleurs affiché sa fermeté lors d’une réunion tenue le 10 juin 2026 au siège de l’Agence nationale de gestion des déchets (ANAGED).

« En matière de collecte d’ordures ménagères, à date, l’État de Côte d’Ivoire ne doit rien à personne. Il n’y a donc pas de raison pour que les ordures ne soient collectées à bonne date et à bonne heure. On va mettre fin à un certain nombre de choses et je peux vous assurer que beaucoup de choses vont changer dans le domaine de la salubrité en Côte d’Ivoire », a-t-il déclaré.

Pour rappel, le 1er juin dernier, le ministre avait accordé un délai de trois jours aux opérateurs afin de rétablir la situation après la multiplication des dépôts sauvages et l’engorgement de nombreux points de collecte dans la capitale économique.

Cette crise intervient alors qu’Abidjan produit quotidiennement près de 5 000 tonnes de déchets ménagers. Selon les données du secteur, le taux moyen de collecte est estimé à environ 54 %, illustrant l’ampleur du défi auquel sont confrontées les autorités en matière de gestion des déchets et d’assainissement urbain.

Comments (0)

Leave a comment